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  • L'ACTU DES VAPEURS

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LACS DE THOUNE ET BRIENZ : BILAN 2025 ET ENJEUX FUTURS AVEC DAVID-ANDRÉ BEELER (FREUNDE DER DAMPFSCHIFFFAHRT)

Après une saison 2025 intense qui a vu le Blümlisalp parcourir plus de 10’000 kilomètres, l’heure est au bilan sur les lacs de Thoune et de Brienz.

La compagnie BLS Schifffahrt dresse un tableau réjouissant d’une année proche des records en matière de fréquentation alors que la navigation se prolonge encore cet hiver sur le lac de Thoune et jusqu’au 7 décembre sur le lac de Brienz.

Si les chiffres sont bons, les défis sont encore nombreux pour les vapeurs bernois : Alors que la maintenance hivernale du Lötschberg et du Blümlisalp démarre, les regards se tournent vers le bateau à vapeur à hélice Spiez dont l’avenir semble incertain.

Rafraîchissement du salon arrière et nouvelle peinture extérieure du Lötschberg

Le Lötschberg est entré dans le bassin de radoub d’Interlaken le 6 octobre pour d’importants travaux. En plus de la maintenance et l’entretien de la chaudière, de la machine à vapeur et des systèmes de gouverne, la compagnie nous indique le remplacement des roulements de vilebrequins et des pompes, la révision des paliers des roues à aubes ainsi que le rafraichissement du salon arrière. Le bateau bénéficiera aussi d’une nouvelle peinture extérieure.

Arrivée du Lötschberg à Iseltwald

En ce qui concerne le Blümlisalp, un entretien complet de la chaudière et de la machine à vapeur ainsi que des gouvernes est aussi prévu. Dans le même temps, plusieurs installations techniques seront remplacées, dont l’ensemble du système audio ainsi que le tableau électrique et le dispositif d’extinction dans la cuisine nous a indiqué la compagnie.

Des travaux indispensables possibles grâce aux Freunde der Dampfschifffahrt

Un programme d’entretien indispensable, année après année, pour garantir la pérennité de ces navires plus que centenaires. C’est dans ce contexte que nous avons posé quelques questions à David-André Beeler, président de l’association Freunde der Dampfschifffahrt, qui contribue financièrement au maintien des bateaux à vapeurs bernois.

Quels ont été les moments ou événements marquants de cette année, du point de vue de l’association et de votre regard de président ?

David André Beeler : Du point de vue de notre association, toute la saison estivale a été un succès pour les bateaux à vapeur sur les lacs de l’Oberland. Le SS « Lötschberg » a même été en service pendant beaucoup plus de jours que l’année dernière. Les deux bateaux à aubes ont pu circuler sans presque aucun problème. Quand je compare ça avec d’autres lacs, ce n’est pas évident.
Sans oublier les trajets spéciaux qui ont été possibles fin octobre et début novembre avec le bateau à vapeur à hélice Spiez.

Le salon arrière du Lötschberg

L’intérêt du public reste-t-il fort pour votre action ? Avez-vous le sentiment que les visiteurs mesurent la chance de pouvoir encore naviguer sur ces magnifiques vapeurs centenaires ?
Nous constatons que nous recevons chaque année un nombre important de dons. Il est évident que les amateurs de bateaux à vapeur, ainsi que les passionnés de navigation en général, sont conscients que ces bateaux, âgés de plus de 100 ans, nécessitent des dépenses supplémentaires. La popularité de notre « Dampfblatt » joue sans aucun doute également un rôle à cet égard.

Je ne vois pas de difficulté à obtenir les fonds nécessaires. En Suisse, on trouve toujours une solution. Cependant, la question est la suivante : qui disposera encore du savoir-faire technique dans 5 ou 10 ans

David-André Beeler

L’entretien de ces bateaux est, chaque hiver, un véritable défi. On pense notamment à certaines pièces centenaires qu’il faut parfois recréer de toutes pièces, comme ce fut le cas lors du remplacement d’un piston fissuré au début de la saison 2024. Ces réparations demandent des compétences rares et représentent un coût important, parfois difficile à anticiper. Comment l’association contribue-t-elle à faire face à ce type de défi et comment se déroule la collaboration avec la Compagnie sur ces travaux ?
La meilleure preuve de votre affirmation : le SS « Lötschberg » se trouve actuellement en cale sèche à Interlaken Ost. Je suis convaincu que les bateaux de nos lacs ont été entretenus avec soin au fil des ans. Cependant, nous devons reconnaître que les matériaux, l’acier, les rivets et les grosses pièces mécaniques lourdes ont été fabriqués et installés en 1905/1906 (Blümlisalp) et 1913/1914. Même avec un bon entretien, des signes de fatigue finissent par apparaître. Je ne vois pas de difficulté à obtenir les fonds nécessaires. En Suisse, on trouve toujours une solution. Cependant, la question est la suivante : qui disposera encore du savoir-faire technique dans 5 ou 10 ans, qui produira une pièce unique pour une technologie « d’antan », qui apposera sa signature sur un plan de construction ?

La collaboration avec la compagnie de navigation BLS Berner Oberland est extrêmement constructive et positive. Il me tient également à cœur de remercier le personnel des deux lacs. On observe régulièrement comment une petite réparation est effectuée, comment les deux anciens bateaux à vapeur sont entretenus avec beaucoup de passion.

Départ en marche arrière du Blümlisalp à Interlaken-West

L’association est très présente sur les réseaux sociaux. Est-ce que c’est une façon d’élargir votre base de soutiens et de faire découvrir les vapeurs aux jeunes générations, tout en maintenant le lien avec vos donateurs fidèles ?
Nous avons plusieurs « groupes particuliers » : la génération fondatrice, qui s’est battue dès 1970 pour sauver le SS Blümlisalp (et donc indirectement aussi le SS Lötschberg). Puis la population locale autour des deux lacs. Pour elle, le premier sifflement au printemps marque chaque fois la fin de l’hiver.
Et enfin, les jeunes grands-parents qui s’assoient avec plaisir autour de la machine avec leurs petits-enfants. Jeunes et moins jeunes sont fascinés par le jeu des manivelles et des arbres…
Les réseaux sociaux ne sont plus réservés aux « jeunes ». Quiconque dit utiliser « Facebook » se déclare déjà clairement « mature ». Nous utilisons les canaux qui nous permettent de joindre nos amis. Que ce soit par courrier postal, carte postale ou vidéo TikTok, cela n’a pas grande importance. L’essentiel est de rester en contact…

Pour conclure, je salue tous les lecteurs et lectrices de l’autre côté de la Singine et de la Sarine : puissions-nous bientôt pouvoir à nouveau faire de nombreuses excursions en bateau à vapeur, sur le Léman (avec toutes mes excuses aux Genevois : sur le lac de Genève !), sur le lac de Neuchâtel, que ce soit ici dans l’Oberland, à Lucerne, à Zurich ou sur le lac de Constance !

Une question devra toutefois être clarifiée : quel est l’avenir du SS « Spiez » ? Je ne suis pas en mesure d’y répondre de manière concluante aujourd’hui…

David-André Beeler

Quels sont, selon vous, les principaux défis à venir pour garantir la pérennité des vapeurs sur les lacs de Thoune et de Brienz ?
Pour moi, la réponse à cette question est simple : les jeunes mécaniciens, peintres, serruriers, électriciens (…) peuvent-ils continuer à exercer leur métier dans les règles de l’art ? Les jeunes hommes et femmes peuvent-ils continuer à rêver de devenir un jour capitaine dans la timonerie ? J’en suis convaincu !
Et tant que ce sera le cas, les bateaux (à vapeur) continueront de naviguer entre Thoune, Interlaken et Brienz.
Une question devra toutefois être clarifiée : quel est l’avenir du SS « Spiez » ? Je ne suis pas en mesure d’y répondre de manière concluante aujourd’hui…

Le bateau à vapeur à hélice Spiez au chantier naval à Thoune

Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux passionnés et au grand public pour les encourager à soutenir les Freunde der Dampfschifffahrt et la préservation de ce patrimoine unique ?
Voyager, apprécier, partager, entretenir de bons souvenirs et cultiver la joie de vivre à bord…
(… et s’accorder de temps à autre un verre de bon vin blanc – qui, selon moi, peut provenir d’un canton lacustre auquel on ne pense pas forcément en premier lieu, mais dont les étoiles…)

Merci pour ce clin d’oeil David-André Beeler 🙂 et merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions en français !

Un avenir incertain pour le bateau à vapeur à hélice Spiez

Depuis cet entretien, l’avenir du bateau à vapeur à hélice Spiez s’est nettement assombri. Malgré l’attachement affectif qu’il suscite, BLS Schifffahrt a indiqué la semaine passée dans les médias bernois que le Spiezerli n’était pas rentable. La demande pour des locations privées est inexistante et son exploitation mobilise des ressources importantes selon la compagnie. Les quelques croisières publiques proposées en automne ne sont pas suffisantes malgré un taux de remplissage de 75%.
Ainsi, malgré une rénovation conséquente, le plus ancien navire de la compagnie pourrait être retiré du service.

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